Vendredi 4 novembre 2005
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Jour 1: La fatigue du décalage horaire n'entame pas mon excitation et ma curiosité, je foule le sol japonais avec ravissement. avant de pouvoir humer l'air de ce pays, je dois prendre un train qui relie Narita, la ville aéroport à Tokyo où nous avons loué un mini appartement. Ce voyage en train est l'occasion de prendre contact en douceur avec l'inconnu, Assise sur une banquette confortable, les jambes étalées dans cet endroit spacieux, je peux découvrir les paysages de cette terra incognita. On a l'air de demeuré s'extasiant devant la moindre chose, on regarde tout: " Ah! voilà une rizière, oh! regarde la drôle de maison... Oh mais c'est un temple, avec sa pagode, regarde leur voiture, leur maison, leurs fils électriques, c'est pas comme chez nous." et puis le silence, qui en dit long sur le sentiment qui nous envahit maintenant, comme une peur ancestrale, la perte de repère absolue, comme si tout à coup nous devenions des êtres inadaptés, c'est dur, le dépaysement est au-dessus de mes espérances. Une heure passe, pendant laquelle on a vu défiler quelques espaces verts et beaucoup de ville, la ville à perte de vue, noyé par la ville, Tokyo la mégalopole gargantuesque, c'est la géante, la ville la plus grande au monde! La descente du train donne le ton, sur le quai de la gare de Shinjuku, pauvres petits français affublés d'énormes sacs à dos et assommés par une humidité de 94%, tout en vapeur brûlante, description d'un enfer surpeuplé de vague humaine perpétuelle. on se rapproche, et si on se perdait, séparé par la foule qui nous emmène et nous vole la la la... On prie pour que cela n'arrive pas! On s'élance dans ce roulis incroyable et je dis ingénument: " De ma vie, je n'ai jamais vu autant de gens!" Il faut trouver la sortie EST car c'est dans cette direction que se trouve l'agence qui nous a loué l'appartement. Où est-elle, on tourne, on retourne, on se détourne les yeux levés vers les panneaux indicateurs, je suis aveuglée par tous ces signes que je ne comprends, me voilà devenue analphabète! Enfin la délivrance, un gros EAST EXIT nous explose à la figure, merci l'anglais! arrivée dehors tout est démesuré, les gratte- ciel, les publicités sur de grands écrans, les métro superposés au train, à l'autoroute, au vélo, juqu'au passage piéton qui ressemble à un boulevard, les badauds sont si nombreux qu'ils dictent la circulation, ils créent un embouteillage et forcent les voitures à s'arrêter. Un monde fou vit devant nous. Rencontre avec Naguiso, notre interlocutrice privilègiée à la sakura ( cerisier en fleur dans la traduction, nom de l'agence de location), elle est jolie et parle divinement bien anglais, on rencontre quand même quelques difficultés au moment où il faut faire l'état des lieux virtuel, manque de vocabulaire, c'est vrai que je ne sais pas dire cocotte ni cintres, ni rideau, ni baguettes ni bouilloire en anglais. Heureusement que mon compagnon de voyage déssine à merveille, j'assiste à un pictionnary un peu délirant entre un français et un japonais venu prêter main forte à Naguiso. Quelques griboullis plus tard, nous avons le précieux: nos clés, on va donc découvrir notre chez nous chez eux. Mais avant le calme d'un nid douillet, il va falloir affronter 45minutes de métro pour relier Shinjuku à Kaméari, notre quartier populaire. Nous empruntons pour la première fois la yamanote line, une ligne circulaire dans Tokyo, qui dessert les points névralgiques de la ville. Nous sommes confrontés au système disciplinaire qui règlemente le métro Tokyoïte, Des agents qui contrôlent notre Japan rail Pass à chaque entrée et chaque sortie, il nous faut aussi suivre les sens et les flèches par terre au mur sur d'étranges individus-flèches-humaines ( il n'y a pas trop de chomâge à Tokyo et pour cause), il faut suivre le sens sinon on se retrouve pris dans le courant inverse et on disparaît de la circulation. L'intérieur du métro est différent de ce qu'on peut voir chez nous, ici il n'y a pas beaucoup de places assises pour garantir un meilleure remplissage. On retrouve des publicités, des écrans encastrés diffusent des informations sur les séismes, sur les alertes terroristes ( depuis l'attaque du métro de tokyo par une secte, ils sont sur leur garde) et puis des chaînes de télé. Il nous faudra faire deux changements pour rejoindre Kaméari, et 15 minutes de marche pour arriver à notre appartement. Le quartier de kaméari est populaire et tranquille, on y trouve tout comme tous les quartiers de Tokyo, Mac Do, Mister donuts...Les lanternes accrochées aux établissements, aux restaurants, les odeurs qui sortent des bars nous dépaysent complétement, cette odeur je ne l'oublierai jamais, odeur exquise de poudre à laver et d'encens, pour moi c'est l'odeur du Japon. Notre maison comporte trois étages, elle est rigolote car elle est peinte d'une drôle de façon en rose, en jaune avec des paipillons. Nous devons nous déchausser et mettre dans le hall d'entrée nos chaussures dans des "bags shoes" près du lieu où vit le watanabé ( le concierge dynamique). Notre mini appartement fait 15 mètres carré pour deux, très bien agencé et typique de l'habitat japonais. Nous sommes tellement fatigués que nous nous endormons à 17hoo sans avoir mangé avec l'impression d'avoir eu deux vies.
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